Cultiver la légitimité dès l'enfance


J’entends beaucoup de femmes qui, à l’aurore de leur projet professionnel ou d’idées nouvelles, s’interrogent sur leur légitimité.

Mais qu’est-ce que c’est que ce syndrome de l’imposteur ?

Selon la définition trouvée sur Wikipédia, "la légitimité c’est la qualité de ce qui est fondé en droit, en justice, ou en équité (définition du petit Larousse). Elle repose sur une autorité qui est fondée sur des bases juridiques ou sur des bases éthiques ou morales, et permet de recevoir le consentement des membres d’un groupe."

Finalement, la légitimité peut être vue comme subjective parce qu’elle est fondée sur des critères qui sont propres à des êtres humains, à des groupes de personnes en fonction de leurs croyances et leurs valeurs.

C’est la recherche d’une validation extérieure. Mais de qui et de quoi exactement ?

Tout d’abord, par l’obtention de diplômes qui confirment la validation de vos compétences, puis les avis de formateurs considérés alors comme des autorités.

N’est-ce pas limitatif ?


"J’aimerais vous partager ma propre expérience de la recherche de légitimité."

Je me suis formée au métier de conseillère en économie sociale et familiale pour me sentir légitime d’aider les autres.

J’ai fait mes études en alternance pour acquérir de l’expérience et me sentir encore plus légitime.

J’ai passé des certificats nationaux de compétences pour être encore plus légitime.

Je me suis formée au métier de coach pour être légitime aujourd’hui, alors qu’avec le recul, mon premier diplôme et mon expérience m’en donner la capacité.

Je me suis formée à l’EFT (Emotionnal Freedom techniques) pour être légitime dans mes accompagnements.

Je me suis formée à la psychologie positive pour être encore et encore plus légitime.

Pourtant, je me suis senti illégitime après chaque diplôme en main.

J’ai tenté de combler ce vide qui m’empêchait d’avancer.

Je voulais être la meilleure professionnelle, c’est-à-dire reconnue par des diplômes et des personnes ayant autorité pour valider mes compétences.

Seulement, voilà, j’y ai perdu des plumes.

Déjà, parce que cela ne suffisait pas pour me sentir légitime et j’aurais continué à accumuler des diplômes, des formations sans passer à l’action.

Ensuite, je me suis mise à me comparer aux autres professionnels.

Le risque c’était la perte de mon essence, ma petite touche personnelle qui ferait de mes accompagnements un chemin unique pour les personnes qui entreraient en résonnance avec moi.

Finalement la vérité c’est que la légitimité c’est une autorisation qui vient de l’intérieur de soi.

Pourquoi je ne réussis pas à me sentir légitime ?

J’aimerais vous apporter une piste de réflexion.

Derrière la notion de légitimité, j’entrevois deux autres notions : « le droit de faire » et « la capacité de faire ».

Aussi loin que vous pouvez remonter dans vos souvenirs, à quelle période entendiez-vous le plus de « tu as le droit », « tu n’as pas le droit de » ? Lorsque vous étiez enfant !

Les parents sont des figures légitimes (extérieures) pour nous donner le droit de faire ou non.

Or, lorsqu’un enfant a cet élan naturel qui le pousse à expérimenter, à créer, il a envie de se mettre tout de suite à l’action. C’est pour lui une réelle opportunité d’apprentissage.

Peu importe, il n’y a pas de « je me sens capable ou non ».

Il est porté par son cœur et son corps tout entier.

Que se passe-t-il pour lui lorsqu’un de ses parents lui demande de taire cette envie, cette volonté, cette créativité ? « Tu n’as pas le droit de jouer à la dinette avec de l’eau parce que tu vas en mettre partout ! »

La vérité est dans l’intention de l’enfant qui a peut-être voulu expérimenter le transfert d’un liquide dans deux contenants. Ou peut-être était-il en train de comprendre une loi fondamentale de la vie, lui permettant ainsi de développer une partie de son cerveau et des capacités de physicien.

Enfant, vous avez peut-être ressenti cette frustration, cette injustice, cette incompréhension, car on vous a coupé votre élan du cœur.

Et si vous braviez l’interdit, vous pouviez peut-être avoir une punition en retour.

Dans le cas contraire, vous aviez sans doute une récompense ou des louanges qui finalement ne faisaient que vous couper de vos guides intérieurs pour laisser place au « faire plaisir ».

Votre enfance et vos expériences ont peut-être ancré tout un tas de croyances limitantes auxquelles vous êtes attachées parce qu’elles représentent votre appartenance à votre famille, à la société.

Ce sont des schémas qui se transmettent à travers les générations. Des schémas qui peuvent se modifier, je peux vous y accompagner si c’est votre volonté.

Aujourd’hui, lorsque j’observe mes filles, je vois leurs envies d’expérimenter, de toucher, d’aider.

Je ne les vois pas se demander si elles peuvent le faire, je ne les vois pas analyser, juger, se comparer.

Je vois juste ce feu qui s’anime en elles, mettant en avant tout leur potentiel. C’est cette intention profonde qui vient du cœur et qui les aide à apprendre et à évoluer.

Elles se sentent légitimes dans ce qu’elles font.

Parce qu’elles sont des êtres humains avec tout leur potentiel et qu’elles ont compris que vivre, c’était apprendre.

Parce que leur intention profonde est celle du cœur.

L’éducation des enfants est donc pour moi un facteur essentiel à la légitimité.